Lorsque l’on cherche un praticien en hypnose, une question revient souvent :
qu’est-ce qui différencie réellement un praticien d’un autre ?

Les formations donnent généralement des bases techniques assez proches. Pourtant, avec les années, chaque praticien développe une manière de travailler qui lui est propre.

Après plus de vingt ans de pratique de l’hypnose ericksonienne, voici comment j’en suis venu à travailler aujourd’hui.

Des bases techniques communes à la plupart des praticiens

La plupart des praticiens formés à l’hypnose ericksonienne partagent un socle commun de compétences.

Ils apprennent notamment à accompagner une personne vers un état d’hypnose, à utiliser le langage hypnotique, à travailler avec l’imaginaire et à mobiliser les ressources internes de la personne.

Ces bases sont importantes. Elles constituent les fondations du travail thérapeutique.

Cependant, avec l’expérience, on réalise que deux praticiens qui connaissent les mêmes techniques peuvent travailler de manière très différente.

La différence ne vient pas seulement des outils utilisés, mais de la manière dont ils sont mis au service de la personne.

L’évolution naturelle de la pratique

Comme beaucoup de praticiens au début de leur parcours, j’ai commencé en appliquant les méthodes apprises de manière très structurée.

Les séances suivaient généralement un déroulement assez classique :
anamnèse, clarification de l’objectif, induction hypnotique, travail thérapeutique, projection dans le futur, renforcement du moi, sortie de transe puis débriefing.

Cette façon de travailler est très utile au début. Elle permet d’apprendre les bases du métier et de construire un cadre solide pour accompagner les personnes.

À l’époque, je m’efforçais donc de suivre ce cadre le plus fidèlement possible.

Dans le même temps, j’observais avec beaucoup d’intérêt les démonstrations de mon premier enseignant, Olivier Lockert. Dans ses séances, il ne suivait pas toujours cette structure de manière aussi formelle.

Sa manière de travailler semblait beaucoup plus souple, presque intuitive. Il expliquait souvent que cette liberté venait avec l’expérience et avec la capacité à « suivre ce que la personne présente ».

Sur le moment, cette idée était inspirante… mais il n’est pas toujours évident, lorsque l’on débute, de comprendre concrètement comment passer d’une pratique très structurée à une pratique plus fluide.

Avec l’expérience, une pratique plus souple et plus personnalisée

Ce qui m’a permis d’évoluer vers ma manière actuelle de pratiquer l’hypnose tient à plusieurs éléments : l’expérience bien sûr, la remise en question permanente, les échanges avec d’autres praticiens, et la lecture d’un très grand nombre d’ouvrages consacrés à l’hypnose et à l’accompagnement.

Au fil du temps, j’ai traversé différentes phases. Je souhaitais rester fidèle à l’esprit de l’hypnose ericksonienne tout en ressentant de plus en plus le besoin de suivre ce qui se présentait naturellement dans la relation avec les personnes que j’accompagnais.

Et parfois, cela pouvait être surprenant.

Avec certains clients, je sentais que la séance ne devait pas suivre un déroulement très scolaire. Je me laissais alors entrer dans une forme d’accompagnement plus libre : poser davantage de questions, proposer des recadrages, amener la personne à envisager son problème sous un autre angle.

Il arrivait que je fasse des suggestions… sans même passer par une induction hypnotique formelle.

Certaines questions provoquaient spontanément un état de transe chez la personne. Dans cet état naturel d’attention intérieure, elle trouvait souvent par elle-même des pistes de solution.

Parfois aussi, je me surprenais à raconter une anecdote ou une histoire sans savoir exactement pourquoi. Et à la fin de la séance, je réalisais que cette histoire avait touché très précisément le cœur du problème de la personne.

Il m’a fallu du temps pour m’autoriser pleinement à travailler de cette manière.

J’ai beaucoup échangé avec d’autres praticiens et relu de nombreux ouvrages d’hypnose. Et j’ai progressivement constaté que ce type d’évolution était en réalité très fréquent chez les praticiens expérimentés de l’hypnose ericksonienne.

Une pratique qui s’adapte à chaque personne

Aujourd’hui, ma manière de travailler reste très adaptable.

Avec certaines personnes, la séance peut être structurée et utiliser des protocoles précis lorsque cela est utile.

Avec d’autres, la séance prend la forme d’une conversation qui peut sembler simple ou naturelle… mais qui est en réalité très stratégique dans la manière dont elle oriente la réflexion et les prises de conscience.

L’expérience m’a appris que chaque personne appelle une manière de travailler différente.

L’importance de l’intuition thérapeutique

Avec les années, j’ai également remarqué un phénomène intéressant.

Il arrive parfois qu’une idée ou une question me vienne à l’esprit au tout début de la rencontre, parfois même avant que la personne n’explique la raison de sa venue.

Très souvent, cette idée se révèle ensuite directement liée à la problématique centrale de la séance.

Il ne s’agit évidemment pas de magie ni d’intuition mystérieuse.

Avec l’expérience, le cerveau apprend simplement à percevoir de nombreux signaux subtils : des éléments du langage, de la posture, de l’attitude ou de la manière dont une personne se présente.

Une partie de ces informations est traitée de manière inconsciente et peut ensuite apparaître sous forme d’intuition ou d’insight au cours de la séance.

Cette capacité se développe naturellement avec les années de pratique et l’attention portée à la relation thérapeutique.

Prendre le temps nécessaire pour chaque personne

Au début de ma pratique, je suivais les recommandations classiques données dans la plupart des formations : une séance devait idéalement durer environ une heure.

Avec l’expérience, j’ai réalisé que cette manière de travailler ne correspondait pas toujours à ma façon d’accompagner les personnes.

Aujourd’hui, je reçois moins de personnes dans la journée, mais je m’autorise à consacrer le temps nécessaire à chaque séance lorsque cela est utile au travail thérapeutique.

Le tarif reste le même, quelle que soit la durée de la séance.

Ce qui compte pour moi n’est pas de respecter un minutage strict, mais de permettre à la séance d’aller jusqu’au bout du travail engagé lorsqu’il est pertinent de le faire.

Une pratique ancrée dans les neurosciences, pas dans l’ésotérisme

L’hypnose souffre encore d’une image ambiguë. Entre les représentations de spectacle et certaines dérives, il n’est pas toujours facile de savoir à quoi s’attendre.

Ma pratique est clairement ancrée dans ce que disent les neurosciences et la psychobiologie sur les mécanismes du changement.

Le livre du Dr Olivier Benarroche  « hypnose et neurosciences », comme celui d’Ernest Rossi « psychobiologie de la guérison », montrent que les effets de l’hypnose sont documentés, mesurables et explicables.

Ce n’est pas de la magie, ce n’est pas de l’ésotérisme : c’est une mobilisation précise des capacités naturelles du cerveau et du système nerveux.

Vous ne trouverez chez moi ni promesses miraculeuses, ni mise en scène particulière.

Seulement un travail sérieux, fondé sur des bases solides — et adapté à ce que vous traversez.

Ma vision de l’hypnose ericksonienne

Pour moi, l’hypnose ericksonienne n’est pas simplement une technique que l’on applique de manière mécanique.

C’est avant tout une manière particulière d’accompagner une personne dans sa façon de réfléchir, de ressentir et de mobiliser ses propres ressources.

Avec les années, j’ai constaté que ce processus peut prendre des formes très différentes.

Parfois la séance passe par une induction formelle.
Parfois elle s’installe naturellement au fil de la conversation.

Comme le soulignait déjà Hippolyte Bernheim, la suggestion — au cœur du processus hypnotique — peut agir aussi bien en dehors d’une transe formelle que dans un état plus structuré.

Autrement dit, l’hypnose ne se limite pas à un moment précis : elle peut être présente dans la relation, dans une question, dans une image ou dans une nouvelle manière de percevoir une situation.

Conclusion

Au fil des années, j’ai appris que l’essentiel ne réside pas dans une technique particulière, ni dans une manière “parfaite” de faire de l’hypnose.

Il réside dans la capacité à comprendre une personne dans ce qu’elle vit, et à créer avec elle un espace suffisamment juste pour que quelque chose puisse évoluer.

C’est dans cet équilibre entre écoute, expérience et adaptation que se construit le travail.

Si vous choisissez de consulter, vous ne venez pas “subir” une méthode.

Vous venez engager un processus.

Un processus respectueux de votre rythme, de votre histoire, et de la manière dont vous êtes prêt, aujourd’hui, à avancer.